divendres, abril 28, 2006
Brollador de xerrameques,
agrers d'aire enrarit.
A les negres finestres de les pissarres
les fileers dels nombres: 3, 5, 6, 8...
Definicions abstruses
als racons de les orelles;
entre dents, paraules sàvies
nèciament gramofònioques.
Però als ulls, un llenç de blau;
però al nas, brins de romer;
però als dits, delerosos de dibuixos,
les llances dels llapis vermells.
El mestre rumia ¡¡coses!!
-Si enderroquéssim l'escola...
quin bell centre d'interès.
Directament de la mà del mestre, en Carles Salvador
... a redòs, plenament.
J'AI FAIM
Sous la lumière
de l'étoile polaire
je m'astique les molaires
d'une côte de boeuf
imaginaire.
J'ai faim.
Je crie famine.
Je mange une étoile.
... je regarde les autres
pour demain.
Manu Chao-Wo`zni ak
dimecres, abril 26, 2006
Le ventre de mon siècle (... the end)
Ce ne sont pas les hommes qu'elle regarde, au premier rang. C'est son ancre et son point fixe.
D'abord, ce fut un berceau dissimulé au creux d'une tenture. Puis, á la même place, un très petit enfant jouant sur un coussin. Un garçon minuscule regardant sa mère. Un adolescent. Un jeune homme.
Pendant de longues annés il s'est tenu là, premier adorateur du Quadrille Fabuleux. Chaque soir, á 1'issue du spectacle, dans la loge, il se jetait au cou de sa mère, 1'embrassait et murmurait les mêmes mots: «Maman, danse avec moi!» Ses lèvres ont laissé leur empreinte sur la peau. Une tache s'y est inscrite avec les années. Un baiser. La danseuse le porte au cou et en elle. II est comme un collier.
Elle lui a appris les magies qu'il demandait. La nuit, très tard, ils se prenaient la main et gagnaient les jardins publics, déserts. La danseuse chantait pour son fils. Elle battait la mesure á la mesure de son coeur. Elle lançait la jambe, le bras, le buste, tournait, virevoltait, rompait, pliait. Et lui, il pareillement, accordé à ses leçons.
Ils n'eurent jamais d’autres spectateurs qu’eux mêmes. Dans 1'ombres des parcs, ils inventèrent les polkas, les valses, les matchiches, les fox-trot, les tangos et les javas de tous les paysages.
Elle espérait qu'ils quitteraient un jour les ailes du grand moulin. Elle rêvait d'une figure á deux, son fils et elle, sur les scènes du monde.
Il en fut autrement. Le carnage posa son doigt ensanglanté sur la case des jeux, emportant la mappemonde vers des chiffres obscurs. Le rouge, le noir remplacèrent le blanc des jupons et des dentelles. Le sourire disparut en un soir. Il se figea en une grimace de terres et de tranchées, semblable au masque d'un archiduc assassiné.
Pendant quatre ans, la danseuse fixa un point, au fond du grand moulin, et c'était en elle, une plaine oú mouraient les hommes, le sien emporté avec d'autres. La tenture, au bord de la scéne, était comme un tulle, mortifére.
Le drapeau des douleurs.
Penché sur Sarajevo, juin 1914. (pp.13-19) Un siècle d'amour, 1999
D'abord, ce fut un berceau dissimulé au creux d'une tenture. Puis, á la même place, un très petit enfant jouant sur un coussin. Un garçon minuscule regardant sa mère. Un adolescent. Un jeune homme.
Pendant de longues annés il s'est tenu là, premier adorateur du Quadrille Fabuleux. Chaque soir, á 1'issue du spectacle, dans la loge, il se jetait au cou de sa mère, 1'embrassait et murmurait les mêmes mots: «Maman, danse avec moi!» Ses lèvres ont laissé leur empreinte sur la peau. Une tache s'y est inscrite avec les années. Un baiser. La danseuse le porte au cou et en elle. II est comme un collier.
Elle lui a appris les magies qu'il demandait. La nuit, très tard, ils se prenaient la main et gagnaient les jardins publics, déserts. La danseuse chantait pour son fils. Elle battait la mesure á la mesure de son coeur. Elle lançait la jambe, le bras, le buste, tournait, virevoltait, rompait, pliait. Et lui, il pareillement, accordé à ses leçons.
Ils n'eurent jamais d’autres spectateurs qu’eux mêmes. Dans 1'ombres des parcs, ils inventèrent les polkas, les valses, les matchiches, les fox-trot, les tangos et les javas de tous les paysages.
Elle espérait qu'ils quitteraient un jour les ailes du grand moulin. Elle rêvait d'une figure á deux, son fils et elle, sur les scènes du monde.
Il en fut autrement. Le carnage posa son doigt ensanglanté sur la case des jeux, emportant la mappemonde vers des chiffres obscurs. Le rouge, le noir remplacèrent le blanc des jupons et des dentelles. Le sourire disparut en un soir. Il se figea en une grimace de terres et de tranchées, semblable au masque d'un archiduc assassiné.
Pendant quatre ans, la danseuse fixa un point, au fond du grand moulin, et c'était en elle, une plaine oú mouraient les hommes, le sien emporté avec d'autres. La tenture, au bord de la scéne, était comme un tulle, mortifére.
Le drapeau des douleurs.
Penché sur Sarajevo, juin 1914. (pp.13-19) Un siècle d'amour, 1999
dilluns, abril 24, 2006
... plus.
Les années passant, le cercle de ses admirateurs s'est ouvert á la butte voisine, puis á la ville, aux grandes capitales d'Europe. Mais elle Pignore. Son existence se borne á une petite planète. C'est son univers. Il se trouve en amont du premier rang, en bordure de scène. Lorsqu'elle s'élance, chaque soir, ¿est vers lui qu'elle va, á lui qu'elle donne les lumières de sa beauté.
Les amateurs, ceux qui voudraient la plus belle place en son coeur, ont cru que pour attacher son regard, ils devaient se placer lá. Chaque soir, avant le spectacle, la salle bruit du jeu des discussions, échanges, marchandages auxquels se livrent ceux qui voudraient emporter la demoiselle.
Pour rien.
Elle ne cède á personne.
Ni l'éclat de ses yeux, ni ses mains offertes ne sont pour ces adorateurs d'un songe sans partage. S'ils savaient voir le jour plutôt que d'imaginer les nuits, ils auraient saisi un mystère plus rare que les qualités de séduction qu'ils s'attribuent. Certes, les lèvres de la danseuse dessinent des baisers; mais ils ne sont pas ceux d'une amante. Et le mouvement de ses hanches n'est pas fait pour provoquer.
diumenge, abril 23, 2006
Sarajevo
Elle danse sur la toile de ses paupières closes. Sa jambe est tendue, sa bouche peinte en rouge. Collants et jupons sont offerts en corolle á ceux qui battent des mains pour elle. Ses lingeries sont étourdissantes, soies, dentelles, rubans, façonnées d'étrange façon car elles ne laissent rien entrevoir des pâleurs que les autres, ses compagnes, exhibent.
Elle fait aller ses bras aussi souplement que les ailes de ce moulin où elle se produit -mais jamais n'esquisse de geste d'invite, d'appel voilé.
Elle fait aller ses bras aussi souplement que les ailes de ce moulin où elle se produit -mais jamais n'esquisse de geste d'invite, d'appel voilé.
Son sourire, cependant, est une grâce, une joie de vivre. Lorsque les peintres dessinent le Quadrille Fabuleux, c'est elle qu'ils choisissent, et son visage plutôt que ses jambes. Ainsi s'est répandue 1'image de la danseuse au sourire magnifique.
dimarts, abril 18, 2006
un siècle d'amour
Il est assis á côté d'un miroir qui ne renvoie pas son image. Ni de face ni de profil. Sa silhouette s'est effacée á tout jamais. Il n'est que ce qu'il voit ou entrevoit : deux mains, l'aile du nez, des expressions qu'il imagine - s'il sourit, s'il ferme les yeux sur les paysages dévastés de ses campagnes, s'il crispe la mâchoire au souvenir du monde.
Il est assis sur un tabouret. Il fixe la pénombre de mémoires qu'il voudrait peindre. Les hommes sont restés sur les champs de bataille. Il porte leurs écorchures et leurs stigmates. Il voudrait étouffer leurs cris. Ceux de douleurs trop vastes, trop profondes. Assassines.
S'il bouge, il se heurte aux parois grises qui 1'enferment. Seule sa tête s'élance. Les lignes de fuite sont en lui. Nulle part ailleurs. Il se sauve en inventant d'autres miroirs. Sur la glace de ses compositions apparaissent les visages enchanteurs de toutes les femmes qu'il a aimées.
Il est l'agitateur d'histoires recomposées. Les leurs. La sienne ne compte que par le geste et le désir : il veut les voir encore.
Il n'a plus d'existence propre.
Il est assis sur un tabouret. Il fixe la pénombre de mémoires qu'il voudrait peindre. Les hommes sont restés sur les champs de bataille. Il porte leurs écorchures et leurs stigmates. Il voudrait étouffer leurs cris. Ceux de douleurs trop vastes, trop profondes. Assassines.
S'il bouge, il se heurte aux parois grises qui 1'enferment. Seule sa tête s'élance. Les lignes de fuite sont en lui. Nulle part ailleurs. Il se sauve en inventant d'autres miroirs. Sur la glace de ses compositions apparaissent les visages enchanteurs de toutes les femmes qu'il a aimées.
Il est l'agitateur d'histoires recomposées. Les leurs. La sienne ne compte que par le geste et le désir : il veut les voir encore.
Il n'a plus d'existence propre.
Il regarde passer son siècle.
dimecres, abril 12, 2006
[...]
-Sin duda -dijo Hans Castorp-. Estoy completamente seguro. Siento un enorme interés por vosotros, los de aquí arriba, y cuando se siente interés por algo, no se tarda mucho en comprenderlo. Per ¿qué me pasa? ¡No me sabe a nada! -dijo mirando su cigarro-. Desde hace un rato me pregunto qué es lo que me pasa? ¡No me sabe a nada! -dijo mirando su cigarro-. Desde hace un rato me pregunto qué es lo que me pasa y ahora me doy cuenta de que es este María Mancini lo que no acaba de gustarme. Te aseguro que sabe a papel maché, te aseguro que me siento como si tuviera el estómago sucio. ¡Es incomprensible! Es verdad que he desayunado d euna manera excepcionalmente copiosa, pero ésa no puede ser la causa, pues, cuando se ha comido mucho, el puro en principio, sabe mucho más rico. ¿Crees que se deberá a mis agitados sueños? Tal vez por eso estoy destemplado. No, tengo que tirarlo -añadió, después de una nueva tentativa-. Cada calada es una decepción, no tiene sentido forzarme a terminarlo. -Y, tras dudar un momento, arrojó el cigarro por la pendiente al bosque de pinos húmedos-. ¿Sabes lo que ocurre? -preguntó-. Estoy seguro de que todo guarda relación con ese maldito ardor que siento en la cara desde que me he levantado. El diablo sabe por qué, pero tengo la impresión de que estoy ruborizado todo el tiempo. ¿Tú sentiste lo mismo al llegar?
-Sí, dijo Joachim-, al principio también me sentía un poco raro. ¡Pero no le des importancia! Ya te he dicho que no es tan fácil aclimatarse a este lugar. Pero se te pasará. Mira este banco, qué oportuno. Vamos a sentarnos un rato y luego regresaremos; tengo que hacer la cura de reposo.
[...]
dimarts, abril 11, 2006
La montaña mágica
[...]
Con tus ansias por salir de aquí, supongo que no fumas, ¿no?
-Nunca fumo- respondió Joachim-. ¿Para qué iba a fumar, y además aquí?
-No lo entiendo- dijo Hans Castorp-.No comprendo que se pueda vivir sin fumar. Sin duda, es privarse de lo mejor d el avida y, en todo caso, de un placer sublime. Cuando me despierto, me alegro de pensar que podré fumar durante el día, y cuando como, temgo el mismo pensamiento. Sí, en cierto modo, podría decirse que sólo como para poder fumar después, aunque exagere un poco. Un día sin tabaco sería para mí el colmo del aburrimiento, sería un día absolutamente vacío y sin alicientes, y si por la mañana tuviese que decirme "Hoy no podré fumar", creo que no tendría valor para levantarme. Te juro que me quedaría en la cama. Mira, cuando se tiene un puro que arde bien (por supuesto, no puede tener ningún poro ni tirar mal, eso es un fastidio tremendo), uno se halla al abrigo de todo, no puede ocurrirle nada desgradable. Es como tumbarse a la orilla del mar: se está tumbado y punto. ¿No es verdad? No hay necesidad de nada, ni de trabajo ni de distracciones... ¿Gracias a Dios se fuma en todo el mundo!
Que yo sepa, este placer no es desconocidoen ninguna parte, en ninguno de los sitios a los que uno puede ir a para, incluso los exploradores que parten hacia el Polo Norte se aprovisionan de tabaco para afrontar sus peripecias, y ese gesto siempre me pareció muy simpático cuando lo leí. Puede que las cosas le vayan a uno (supongamos, por ejemplo, que me encontrarase en un estado lamentable); pues bien, mientras tenga mi buen cigarro sé que podré soportarlo todo, que me ayudará a vencer las adversidades.
-Sin embargo -dijo Joachim-, tanta dependencia es un síntoma de debilidad. [...]
-Sí, si no fuera por mi anemia -dijo Hans Castorp-. Ya fue bastante que me dijera que tengo la cara verde.
(pp. 91-91)
dissabte, abril 08, 2006
de Joan Fuster
Sembla que "volvemos a las andadas". Berta i jo va a la seua bola i jo publique coses a mitges. En fi. Ara va de bo!
Vindrà l'hora de veure dins els versos
i algú dirà de mi: heus ací un home
que moria allarat en clars abismes.
I algú dirà també: heus ací, sota
l'afer minuciós de les paraules,
un deliri que cou, un risc de gleva.
Però no hi trobaran ta pau, tos muscles,
la teua olor completa, penetrant-me?
No li llegiran ton nom amb un bell pànic?
Vindrà l'hora de veure dins els versos
i algú dirà de mi: heus ací un home
que moria allarat en clars abismes.
I algú dirà també: heus ací, sota
l'afer minuciós de les paraules,
un deliri que cou, un risc de gleva.
Però no hi trobaran ta pau, tos muscles,
la teua olor completa, penetrant-me?
No li llegiran ton nom amb un bell pànic?
Ausiàs March
Veles e vents han mos desigs complir
faent camins dubtosos per la mar.
Mestre i ponent contra d'ells veig armar:
xaloc, llevant, los deuen subvenir,
ab llur amics lo grec e lo migjorn,
fent humils precs al vent tramuntanal
que en son bufar los sia parcial
e que tots cinc complesquen mon retorn.
Despús-ahir no, l'altre,
un camió em va traure de l'autovia, a 130 km/h...
Crec que bufava tramuntana,
o era llebejadeta?
Doncs no ho sé, ni ho acabe d'entendre.
He tornat a nàixer!
faent camins dubtosos per la mar.
Mestre i ponent contra d'ells veig armar:
xaloc, llevant, los deuen subvenir,
ab llur amics lo grec e lo migjorn,
fent humils precs al vent tramuntanal
que en son bufar los sia parcial
e que tots cinc complesquen mon retorn.
Despús-ahir no, l'altre,
un camió em va traure de l'autovia, a 130 km/h...
Crec que bufava tramuntana,
o era llebejadeta?
Doncs no ho sé, ni ho acabe d'entendre.
He tornat a nàixer!
diumenge, abril 02, 2006
Chacarera de las piedras
Aquí canta un caminante
que muy mucho ha caminado
y ahora vive tranquilo
y en el Cerro Colorado.
Largo mis coplas al viento
por donde quiera que voy
soy árbol lleno de frutos
como plantita i' mistol.
Cuando ensillo mi caballo
me largo por las arenas
y en la mitad del camino
ya me he olvidado de las penas.
que muy mucho ha caminado
y ahora vive tranquilo
y en el Cerro Colorado.
Largo mis coplas al viento
por donde quiera que voy
soy árbol lleno de frutos
como plantita i' mistol.
Cuando ensillo mi caballo
me largo por las arenas
y en la mitad del camino
ya me he olvidado de las penas.
[...]
A la sombra de unos talas
yo'i sentido de un repente
a una moza que decía:
-Sosiegue que viene gente!
Te voy a dar un remedio
que esmuy bueno pa' las penas
grasita de iguana macho
mezclaíta con yerbabuena.
[...]
... no te metas en los montes
si no ha salido la luna.
[...]
Atahualpa,
imprescindible, sempre, ara o mai.
